Transmettre un patrimoine, c’est aussi transmettre un paysage, un territoire, une forme d’ancrage. Si certains biens patrimoniaux peuvent sembler figés ou impersonnels, la forêt offre tout l’inverse : elle est vivante, évolutive et résiliente. Investir dans un groupement forestier, c’est allier valeur patrimoniale, fiscalité avantageuse, engagement écologique… et intérêt financier concret !
Dans ce nouvel article de notre série sur la transmission, découvrons comment les groupements forestiers peuvent être un outil au service d’une transmission utile, durable et enracinée.
1. Investir dans une forêt, comment ça fonctionne ?
Concrètement, il ne s’agit pas d’acheter une forêt en nom propre mais de devenir associé d’un groupement forestier, une structure juridique qui détient et gère un ensemble de parcelles boisées.
Ces groupements ont plusieurs vocations :
- La gestion durable de la forêt : plantation, coupe raisonnée, protection de la biodiversité…
- La valorisation du bois : revente de bois d’œuvre ou de chauffage
- La préservation de l’environnement : certaines forêts sont situées en zones classées ou font l’objet de programmes de conservation
- La transmission du patrimoine naturel : les parts peuvent être transmises à vos proches avec un cadre fiscal spécifique
Le ticket d’entrée varie selon les groupements forestiers. Ces investissements sont généralement illiquides à court terme mais peuvent s’inscrire dans une logique de diversification patrimoniale à long terme.
2. Les avantages fiscaux des groupements forestiers
Les investissements forestiers bénéficient d’un cadre fiscal particulièrement incitatif – à condition de conserver les parts pendant un certain temps (généralement au moins 5 ans, souvent plus). Voici les principaux dispositifs :
- Réduction d’impôt sur le revenu (IR)
Si vous souscrivez à un groupement forestier d’investissement (GFI) vous pouvez bénéficier d’une réduction d’impôt de 18% de votre investissement. Cette réduction d’impôt peut monter à 25% dans le cadre de l’IR-PME
Le plafond d’investissement pris en compte est de 50 000 € pour une personne seule et de 100 000 € pour un couple soit jusqu’à 18 000 € de réduction d’impôt.
Exemple : vous investissez 30 000 € dans un GFI éligible, vous pouvez obtenir une réduction de 5 400 € sur votre impôt sur le revenu.
- Exonération partielle d’IFI
75 % de la valeur des parts de groupements forestiers est exonérée d’Impôt sur la Fortune Immobilière dans la limite de 101 897 € par part. Au‑delà de ce montant, l’exonération passe à 50 %. Pour bénéficier de cette exonération, le groupement doit s’engager dans une gestion durable.
- Transmission avec abattement renforcé
En cas de donation ou de succession, les parts de groupements forestiers bénéficient d’un abattement de 75 % sur leur valeur. Cet avantage est cumulable avec les abattements classiques (100 000 € par enfant tous les 15 ans).
Exemple : vous transmettez pour 200 000 € de parts forestières à votre enfant, seules 50 000 € seront fiscalisées (avant abattement classique).
3. L’intérêt financier : diversification, stabilité et croissance du prix
Au‑delà de la fiscalité et du sens écologique, investir dans la forêt présente un intérêt financier concret : diversification patrimoniale, stabilité des rendements, potentiel de croissance long terme.
- Diversification patrimoniale
La forêt constitue une classe d’actifs faiblement corrélée aux marchés financiers ou à l’immobilier. Les aléas d’un marché immobilier ou boursier impactent peu ce type d’actifs, ce qui en fait « un bon compagnon de portefeuille ».
- Croissance du prix foncier et du foncier forestier
En France, le prix moyen par hectare de forêt est en hausse constante sur les 30 dernières années même si le prix à l’hectare peut varier selon les régions. De manière générale, les fonds forestiers européens ont attiré d’importants flux d’investissement ce qui contribue à soutenir les prix de l’actif foncier forestier.
- Un actif résilient face à l’inflation
Les actifs forestiers offrent un bon rempart contre l’inflation : la valeur du bois et du foncier évoluant avec les coûts de production et le prix des matières premières.
- Risques à prendre en compte
Illiquidité : sortir d’un investissement forestier est souvent plus compliqué que pour une action ou un bien immobilier.
Risques naturels : vents violents, incendies, réchauffement climatique, parasites peuvent affecter la forêt.
Rendements dépendants de la gestion forestière et du marché du bois : les revenus d’exploitation peuvent varier.
4. Donner du sens à sa transmission : un patrimoine vivant, ancré et responsable
Investir dans la forêt, c’est plus que chercher une réduction d’impôt ou un rendement. C’est inscrire sa démarche patrimoniale dans une vision écologique, intergénérationnelle et territoriale.
- Une réponse aux enjeux environnementaux
Les forêts captent du carbone, abritent la biodiversité, régulent les eaux et les sols. Les groupements forestiers engagés dans une gestion durable contribuent activement à la lutte contre le changement climatique.
- Un outil d’éducation patrimoniale
Transmettre des parts de forêt, c’est transmettre une responsabilité. Cela peut donner lieu à des visites, à une sensibilisation des enfants et petits‑enfants, à une réflexion collective sur l’usage des terres. Cela crée du lien familial autour d’un bien vivant.
- Une démarche alignée avec ses valeurs
Pour ceux qui cherchent à donner un sens fort à leur épargne et à leur héritage, la forêt représente un symbole puissant : croissance lente, solidité, longévité, enracinement. Elle est l’antithèse de la spéculation, de l’instantanéité, de la volatilité.
Conclusion : transmettre une forêt, c’est transmettre une vision
Dans une époque où l’on cherche à réconcilier performance patrimoniale et engagement écologique, les groupements forestiers s’imposent comme un levier précieux. Ils permettent de structurer une transmission optimisée tout en laissant un héritage vivant, ancré dans les territoires et tourné vers les générations futures.
Chez Noiret Patrimoine, nous sommes convaincus que transmettre, c’est aussi semer. Et que pour cela, la forêt est un actif idéal à condition de bien choisir les groupements, de comprendre leur fonctionnement et de les inscrire dans une stratégie globale.
Dans le prochain article de cette série, nous explorerons une autre piste de transmission directe : la donation, outil simple mais parfois mal connu, qui permet de transmettre de son vivant, de manière progressive, personnalisée et souvent plus humaine.
PARTAGER CET ARTICLE