ESS et rémunération : la sobriété heureuse ?

Pour vivre heureux, vivons engagés. Voilà un slogan qui pourrait convenir au secteur de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS). Avec 92% d’optimisme chez les dirigeants du secteur et 80% des salariés attachés à leur entreprise, la motivation de l’ESS impressionne et fait de l’ombre au secteur privé traditionnel.

Et pourtant, certains salariés de l’ESS se déclarent déçus de leur travail. La cause principale ? La rémunération…

Malgré l’attachement et l’engagement des collaborateurs, 79% d’entre eux sont insatisfaits de leur rémunération. En effet, dans ce secteur qui regroupe associations, coopératives, fondations, mutuelles et entreprises solidaires d’utilité sociale (ESUS), les salaires sont en moyenne 16% plus bas que ceux du secteur privé. Un écart de rémunération qui contraste avec la professionnalisation qu’a connu le secteur ces dernières années.

L’ESS en plein essor, connaît des besoins de recrutement accrus et les profils recherchés sont, pour la plupart, des profils très qualifiés. Néanmoins, le secteur peine à recruter et 64% des dirigeants ont des difficultés dans leur recherche de nouveaux collaborateurs.

Par ailleurs, certains dispositifs de rémunération incitatifs sont sous-utilisés par le secteur de l’ESS et en particulier par les associations. C’est le cas de l’épargne salariale.

Avec la suppression du forfait social, les dispositifs d’épargne salariale et notamment l’intéressement sont devenus des leviers de motivation et de fidélisation des collaborateurs. Ainsi, pour une association qui compte jusqu’à 250 salariés, un prime d’intéressement collective définie sur un objectif de performance, est exonérée de charges sociales : une aubaine !

L’intéressement associé à un plan d’épargne salariale est alors 3 fois plus efficace qu’une augmentation de salaire et permet aux entreprises comme aux structures associatives de distribuer jusqu’à 903€ net par collaborateur contre 384€ net en cas d’augmentation de salaire, pour un même coût employeur de 1000€ !

L’intéressement est d’autant plus utile dans la gestion des rémunérations, que le déclenchement de cette prime de partage du profit est conditionné à l’atteinte d’un objectif de performance fixé au préalable. Cet objectif pouvant être économique, mais aussi social ou environnemental !

Les structures de l’ESS disposent donc de solutions, telles que les primes de partage du profit, vertueuses et avantageuses pour tous, qui rendront leurs collaborateurs plus heureux et encore plus engagés !!

 

Louis NOIRET